NUMERO-1  * AVRIL 1984

 

INTERVIEW du Dr Paul JOHNSON et de Terry SHURWOOD
un grand moment d'enthousiasme et plein de projets pour Oric !!

 Un manoir de Lord entouré de pelouses et de massifs de fleurs. Nous sommes au siège social de ORIC INTERNATIONAL PRODUCTS, situé dans la banlieue d'ASCOT, charmante petite ville célèbre pour ses derbies hippiques. Nous sommes reçus par le Docteur Paul JOHNSON, Technical Director, et par Terry SHURWOOD, Sales Marketing Director, qui a pris ses fonctions il y a seulement quelques semaines après avoir assumé des fonctions analogues chez MATTEL et chez ATARI. Nous leur avons tout d'abord demandé de nous décrire l'histoire de leur société
   

Paul JOHNSON :
 A la fin des années 70 j'ai créé avec Barry MUNCASTER, qui est aujourd'hui directeur de la société, une petite entreprise appelée TANGERINE Computer Systems. Nous fabriquions un petit ordinateur vendu en kit, le Microtan 65, qui a obtenu une certaine popularité en Grande-Bretagne, surtout par son adaptateur télétext appelé Tantel. En novembre 1980, la société a pris le nom de Tantel Products International Limited et a de nouveau changé de nom en avril 1982 pour devenir ORIC International Products Ltd. Notre objectif principal était de réaliser un micro-ordinateur capable de concurrencer le ZX81 de Sinclair. En juin 1982, ORIC-1 naissait de nos laboratoires et il devenait évident que nous avions dépassé les buts initialement fixés. La croissance de notre société a été très importante. Ainsi, l'an dernier, nous n'étions que deux personnes et aujourd'hui une centaine.

 Théoric  Quelle est la signification du mot ORIC ?

Terry Shurwood: Une légende tenace veut que ORIC ait
été choisi par analogie à AURAC qui était un ordinateur tout puissant, héros de la série télévisée "Blake's Seven" de la BBC.

P.Johnson: la réponse est plus simple:
  Lorsque avec Barry nous avons choisi un nom, nous avons écrit sur un bloc de papier tous les mots qui nous venaient à l'esprit et ayant un rapport avec l'informatique. Le premier que nous avons inscrit était Micro et nous nous sommes amusés à permuter les lettres et c'est de cette manière que nous avons trouvé ORIC:
qui est un anagramme des quatre dernières lettres de Micro

 Théoric  Où est fabriqué ORIC ATMOS ?

P.J. : Nous sous-traitons en grande partie la réalisation de nos ordinateurs. Les cartes imprimées sont réalisées et câblées au Japon, à Singapour et au Pays de Galles. Le clavier vient des Etats-Unis et est fabriqué par la société STACK-POLE. Nos boîtiers en matière plastique sont moulés à quelques kilomètres d'ici. L'assemblage final de ces sous-ensembles est réalisé dans notre usine de HANWORTH dans le Middlesex.



 Théoric  Quelle est la cadence actuelle de fabrication ?


P.J. : Nous sortons actuellement 20 000 ORIC ATMOS par mois. Nous aurions la capacité d'en produire jusqu'à 35 000 mais nous sommes tributaires des fournisseurs de composants.

 Théoric  Pouvez-vous nous parler de vos moyens de recherche et de développement ?

P.J. : Notre laboratoire de recherche est situé à Cambridge au nord de Londres. Nous y avons une équipe d'ingénieurs qui travaillent sur deux systèmes de développement PHILIPS MDS2. Nous avons choisi ces systèmes car ils permettent d'émuler quatre applications différentes simultanément.

 Théoric  Quels sont vos projets actuels ?

P.J. : Nous accordons une très grande importance au secret de nos recherches. Il faut savoir par exemple que lorsque nous avons annoncé la sortie de ATMOS, la moitié seulement du personnel de notre siège social avait été informée du projet. Mais néanmoins, je suis en mesure de dire aux lecteurs de THEORIC que nous développons actuellement un nouvel ordinateur qui viendra directement concurrencer le QL de Sinclair. Nous pensons être en mesure de le présenter début 1985. D'autre part, nous ne sommes pas indifférents à l'engouement actuel en faveur des micro-ordinateurs portables. Parallèlement nous avons à l'étude des périphériques nouveaux pour ORIC-1 et ATMOS, par exemple dans le domaine de la synthèse vocale avec des circuits de Texas-Instruments. Nous avons aussi réalisé des poignées de jeu et des modems. Mais il n'est pas dit que tous ces projets seront commercialisés car leur fabrication dépend surtout de la demande et nous ne pouvons pas lancer une chaîne pour quelques centaines d'exemplaires seulement.

 Théoric  Le microdisque est votre dernière nouveauté. Voulez-vous nous la présenter ?

P.J. : Nous avons adopté le standard de 3 pouces et demi de Hitachi qui, nous le croyons, est appelé à devenir un standard. Notre microdrive offre une capacité de 160 K par face sur 40 pistes et ta double densité en configuration standard. Dans un avenir proche, nous proposerons 80 pistes en option. Le contrôleur peut supporter quatre unités de disques mais les trois autres ne doivent pas nécessairement être identiques à la première. 

Pour cela nous avons disposé à l'arrière de notre drive un connecteur d'extension au standard SHUGART ce qui permet d'y raccorder des unités de 5 pouces un quart de toute provenance. Avec notre microdrive nous fournissons un jeu de programmes utilitaires très performants.



 Théoric  Sur le plan commercial, avez-vous atteint vos objectifs ?

T.S. : Sur le marché britannique nous nous situons actuellement en troisième position derrière Sinclair et Commodore, le quatrième étant BBC qui est pénalisé par le prix de ses machines. A l'exportation, notre plus grand succès a été le marché français. Nous pensons que la compatibilité Peritel assurant une très haute qualité d'image, n'aura pas été étrangère à ce succès.

P.J. : Nous allons maintenant développer notre distribution. Tout d'abord en offrant un plus grand support aux utilisateurs ; nous proposons déjà le magazine ORIC OWNER par l'intermédiaire de notre filiale TANSOFT qui offre aussi bon nombre de logiciels pour nos machines. Nous allons aussi favoriser la création de logiciels par des sociétés indépendantes.

 Théoric  Avez-vous /'intention de vous implanter sur le marché américain ?

T.S. : Nous avons entamé des négociations avec une société américaine qui va assurer la distribution de nos produits.

P.J : Nous avons voulu attendre la sortie d'ATMOS avant de nous lancer sur le marché américain. Nous souhaitions leur présenter des produits éprouvés et je pense que c'est le cas maintenant. L'expérience montre que si vous échouez avec un premier produit dont la mise au point est imparfaite, votre image de marque est ternie pour toujours et il est quasiment impossible d'y revenir par la suite. Parallèlement, nous nous implantons actuellement en Allemagne, en Espagne et en Italie.

 Théoric  Pouvez-vous nous définir le profil type de l'acheteur d'ORIC ATMOS ?

P.J. : Nous avons demandé à un grand institut de sondage britannique de nous faire des statistiques sur notre clientèle. Les résultats sont en cours d'analyse mais il apparaît déjà qu'une grande part des acheteurs a entre 30 et 45 ans mais que l'utilisateur final a entre 15 et 20 ans. On voit donc que ATMOS est une machine que les parents offrent volontiers à leurs adolescents.

 Théoric  Pour terminer, quels sont les loisirs de l'inventeur d'ORIC ?

P.J. : J'aime beaucoup écouter de la musique mais mon meilleur loisir serait DORMIR, si j'avais le temps ! 


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 Les BUGS de l'ORIC-1

 

   L a ROM 16K d'ORIC-1 renferme quelques "bogues" que l'utilisateur non averti découvrira sûrement à ses dépens. Pour éviter à nos lecteurs, débutant sur la machine, de fastidieuses recherches, nous faisons le point, ci-après, sur les erreurs qui entachent la ROM de l'ORIC-1, mais qui n'ôtent rien aux qualités de rapidité de ce BASIC. Précisons que toutes ces erreurs ne sont pas reconduites sur la version VI .1 du BASIC qui équipe ATMOS. Quelques maladies de jeunesse ont disparu !

• Le TAB (de PRINT TAB) ne fonctionne que si on ajoute la valeur 13 à la valeur de tabulation désirée. De plus il fonctionne par rapport au dernier ordre PRINT rencontré, ce qui est fort gênant.


•  STR$  ajoute  un  caractère devant la variable transformée en chaîne. Ainsi :
AN   =   1984
AN$ = STR$ (AN)
PRINT AN$ donne bien 1984, mais
PRINT LEN (AN$) donne ... 5 !
PLOT 10,10, AN$ écrit 1984 en VERT, ce qui est parfois illisible sur un téléviseur noir et blanc.

PRINT VAL (AN$) donne 0... Pour supprimer ce caractère parasite qui vient se mettre devant la chaîne AN$, il faut traiter cette dernière au moyen de la fonction MID$ par exemple. On écrira :
AN$ = MID$ (AN$,2).


• LLIST permettant de sortir vers l'imprimante pose aussi quelques difficultés : lorsqu'on regarde le listing de près, on constate qu'il manque des caractères. Ce défaut est très gênant si le listing doit servir de témoin à un autre programmeur.

Ce problème est lié au temps perdu par ORIC à la lecture de son clavier. On peut le résoudre en faisant :

POKE #307,255 : LLIST ce qui a pour effet de modifier le temps de scrutation clavier. Une action sur RESET remettra la bonne valeur dans le compteur du VIA. Par CALL#ED01 vous aurez une solution encore plus radicale mais le BREAK ne sera plus possible, seul le RESET vous sortira de la phase de listage.

• POKE : l'écriture en mémoire avec l'instruction POKE est à manier avec précautions. En effet, POKE 48003,* 41 donne une erreur de syntaxe et il faudra écrire POKE 48003,65 (valeur décimale correspondante) pour que OR1C-1 accepte la commande ("A" s'affiche en 4" colonne de la ligne supérieure de l'écran).

L'adresse du POKE peut être écrite en hexadécimal, mais la valeur doit l'être en décimal. Ainsi POKE#BB83,65 est accepté.

Notons que le problème n'existe pas avec DOKE.
DOKE 48003, #41 fonctionne.

 

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